« Cali chante Ferré »

Cali, Je ne le connaissais pas avant de le découvrir (logique, non ?) en concert à Argelès-sur-Mer. J’ai pu voir pendant deux heures trente, une bête de scène qui saute partout (et même dans le public), qui court, qui dance, qui cri, qui chante et qui joue bien, même très bien. J’ai, dès la première chanson, aimé sa façon d’écrire. Le chanteur catalan vient de nous sortir une jolie galette, « Cali Chante Ferré ». Léo Ferré le MAITRE en personne de la poésie, de l’anarchie, de la chanson française, qui en a inspiré plus d’un. Certainement un modèle pour la plupart des auteurs d’aujourd’hui. Raisons pour lesquelles Cali souhaite lui rendre hommage, de plus rien a été fait en France pour ses 100 ans.

Cali l’album

Léo ferre
Léo ferre

Sur la pochette de l’album nous pouvons voir l’artiste assis sur un canapé bleu en compagnie d’un chimpanzé, certainement une référence à Pépée, le petit singe de Ferre. Nous pouvons voir au dos de la pochette que le Compact Disc renferme 16 titres choisis avec Mathieu Ferré, le Fils de L’anar. Ecoutons cela.

Pour moi, il est impossible de toucher à Léo Ferré. Ses chansons sont encrées dans ma mémoire et m’en détacher s’avère compliqué, je ne sais pas si je vais accrocher à cet album de reprise, j’ai peur. Je lance le CD, première chanson, « C’est extra ». J’ai du mal à reconnaître la chanson lors de l’introduction au piano et au synthé à la place de la basse et guitare de la version originale. C’est une réorchestration totale que nous a fait Mr Cali, et surprise… J’aime totalement. L’interprétation est totalement différente mais l’intensité de la chanson est toujours présente. Je suis maintenant pressé de découvrir le reste.

L’enfance, Un vrai Chef d’œuvre mélancolique admirablement interprété par Cali. Le piano/voix/guitare va comme un gant a cette chanson.

La réorchestration est épatante. Les chansons de Léo, datant du XXème siècle, viennent de renaitre avec une instrumentation restant fidèle à l’univers du poète anarchiste et totalement moderne. Elle permet de rentre le répertoire de Ferré plus accessible et de le faire découvrir à la nouvelle génération.

J’arrive maintenant à « Ni Dieux, Ni Maître », cette version électrique me fiche des frissons et la variante un peu électro de « Jolie Môme » me met en joie.

Un superbe album

Cali chante ferre
Cali chante ferre

Ah !  « La mémoire et la Mer », ma chanson préférée de Léo… Eh bien, chanté par Cali, je n’ai pas aimé, je ne suis pas arrivé au bout de la chanson. La tonalité de la chanson a été diminué, ce qui fait perdre toute l’élégance de la chanson. Peut-être suis-je trop attaché à cette chanson ?

Je tombe soudainement de haut, en entendant l’introduction du « Flamenco de Paris ». Une Guitare électrique saturée, des accords dissonants me rappelle le rock psychédélique et progressif de Steven Wilson ou de Pink Floyd. Quelles sensations ! Je suis en admiration totale.

« Avec Le Temps », une des plus belles chansons de France (à mon goût), n’a rien perdu de sa beauté extrême.

Sur le dernier morceau du disque, je ne reconnais pas du tout la voix de Cali. Une voix éraillée, une chanson parlée. Après quelques recherches, je lis sur « La Dépêche » que cette voix n’est pas celle du Catalan, mais la voix de Mathieu Ferré. Elle est pleine d’émotion et le piano en arrière plan est source de frisson garantie.

Cali, un chef d’oeuvre

Cet album n’est pas une réussite, c’est un Chef D’œuvre ! Digne de Léo Ferré et de Cali. Le métissage des deux univers se fait à la perfection. Merci de faire perdurer cette légende à travers le temps et grâce à cette modernisation musicale. Il entame maintenant une tournée, j’irai, certainement le voir, à la faïencerie de Creil (60) le 23/11 ou le 16/11 à Paris.

Wilfried