Damien Saez, le rock Français

Damien Saez est auteur, compositeur, interprète, musicien très controversé, engagé contre voire contre tout, il est un des représentants du rock français. Mais il est tout particulièrement un chanteur engagé et à la réputation controversée.

Damien Saez est né en 1977.

Il est marseillais très jeune, puis vit à Dijon. Il y entre au Conservatoire National de Dijon. Il y appris surtout le piano comme instrument et est diplômé à l’âge de 15 ans.

Après le Bac, Damien Saez part pour Paris. Et c’est là qu’il tente l’aventure…

Damien Saez dit avoir été marqué par différents groupes et chanteurs Jacques Brel ou encore Barbara, Brassens , Ferre, Noir Désir. Des modèles engagés, pour un Damien Saez engagé !

Damien Saez
Damien Saez

Saez, les premiers albums engagés, d’emblée

Damien Saez entre en contact avec Alix Turrettini, management d’artistes au sein de sa société Bobine, et en particulier de Zazie, Cristophe Willem ou encore Alain Chamfort. Il lui fait entendre plusieurs compositions avec voix en solo et piano comme instrument.

Et Damien Saez ose … lors d’un spectacle de William Sheller, il lui donne une cassette et lui montre certains de ses textes. Ce dernier va le soutenir pour signer avec son premier label, filiale d’Universal. On est en 1999. Rock Mag, Rock & Folk parlent de lui comme d’une découverte. Mais Saez rejette le système et.. les journaux voire les journalistes qui vont avec. Saez fait faux bon à deux d’entre eux pour des interviews, ne veut pas écrire pour Johnny Hallyday, bref le rejet du business musique… tout en étant inscrit chez universal… diantre.

Damien Saez « Jeune et con »
Damien Saez « Jeune et con »

En 1999 Damien Saez sort son premier album « Jours étranges ». Cet album surtout rock, parfois electro pop, un peu jazzy dont une reprise du classique « My funny Valentine ». Ce grand, immense classique du Jazz issue d’une comédie musicale américaine en 1937 a été enregistré sur plus de 1000 albums par plus de 500 artistes (Chet Baker, Miles Davis, Stan Getz, Frank Sinatra etc)… Pas mal !

Saez et « Jeune et con »

On y trouve une chanson culte, titre « Jeune et con ». Saez est dans la dénonciation militante qui est sa marque de fabrique. La société fout le camp etc…une belle chanson pour la jeunesse révoltée. Mais attention car en vieillissant par la suite à ne pas rester dans une forme de nihilisme permanent… car avec l’âge ça passe moins. Construire et proposer c’est pas mal non plus… . Romain Lejeune qui a écrit sur Saez nous dit que ce dernier a très mal pris le succès de cette chanson, paradoxalement. Heureux sans doute du succès, malheureux aussi du succès que lui apporte le système : un pied dedans un pied dehors ?. Saez aurait dit: « Pascal Nègre (de son label universal) me dit: si tu fais de la publicité à la télévision, tu vendras 800.000 albums. Si tu n’en fais pas, tu en vendras 300.000. Je ne voulais pas en faire et lui ai répondu: mieux vaut en vendre 300.000 proprement que 800.000 comme ça». C’est beau, certes, mais alors pourquoi ne pas simplement, faire son propre label et aller de salle en salle. Universal on ne peut pas dire que ce n’est pas du business musical … non ?

Mais bon, Saez c’est de la chanson francaise rock, du bon et du moins bon, mais aussi du très bon.

Les albums se suivent

2002 et Saez a un deuxième album : « God blesse ». Cette même année Brian de Palma lui propose de s’impliquer dans la du film « femme fatale » dont une chanson « sexe » est dans son deuxième album.

Après avoir changé deux fois de label, en 2004, Damien Saez publie Debbie, un troisième album. Suit en 2005 une tournée après laquelle il quitte Universal en cours de contrat.

Saez en concert
Saez en concert

Vient en 2008 un nouvel album de trois disques en fait très acoustique, Varsovie, L’Alhambra et Paris … Les chansons y parlent de sa rupture avec sa compagne, ou encore traitent de Léo Ferre, Georges Brassens , Jacques Brel ou encore Barbara. La variété n’est pas absente dans un des disques. Disque d’or ! quand même ! Suit bien entendu une tournée avec peu de musiciens : violoncelle, violon et saxo alto.

Saez et la consommation : un caddie bien rempli
Saez et la consommation : un caddie bien rempli

Plusieurs singles suivent en 2009 et cette même année aux Victoires de la musique, il chante une nouvelle chanson «Embrassons nous » et est nominé pour la catégorie « album pop et rock de l’année ». Le 5éme album suit « A lovers’s prayer » où sont repris les singles précédents.

Des affiches censurées

En 2010 sort le nouveau disque « J’accuse ». L’affiche qui l’annonce est censurée comme représentant une femme de façon dégradante. En fait il explique qu’il voulait en montrant un corps nu, dénoncer l’utilisation des corps nus dans la publicité et en montrant une femme nue dans un caddie, dénoncer aussi cette société de consommation… fichtre parfois ambivalent Saez.

Dans une interview début 2010 Saez commente :

« … Cette photo choque, car elle reflète une idée que les gens refusent de regarder en face : la société d’aujourd’hui veut que l’individu et particulièrement la femme, soit réduit à un bout de viande dans un caddie. »

Damien Saez à Miami
Damien Saez à Miami

Messina et Miami sortent en 2012 et 2013, avec des téléchargements possibles par internet et gratuit comme le fait souvent Damien Saez. L’affiche de l’album Miami est de nouveau censurée car elle montre les fesses d’une femme mais avec une holy (sainte) bible qui évite de tout voir ! une « au lit » bible » ? Il insiste Damien Saez… et pourquoi pas !

Damien Saez est reconnu pour son engagement marqué et il ne manque pas de dynamisme pour une nouvelle façon de faire de la musique. Par exemple en 2016, il part en tournée et vante un « Nouvel Art ». Durant cette tournée il propose de nouvelles chansons et textes à chaque endroit où il se produit. Original, osé et courageux ! C’est « le Manifeste », qui se déroulera durant un an, l’année de ses quarante ans.

De façon plus conventionnelle tout de même, un nouvel album est issu de cette tournée, puis deux, puis trois ! Le business est étroitement lié à la notoriété ou en tout cas, il y a bien des passages obligés semble-t-il!

Et les albums se suivent : Damien Saez est boulimique à sa façon mais c’est une preuve de talent. 2018 « Humanité » et « A dieu » sortent.

Damien Suez, qu’en penser ?.

Très controversé Damien Daez. D’autres ont connu la critique (tous ?) et le genre de critique que connaît Damien Saez . Ce fût le cas de Renaud notamment. Les médias ne sont pas toujours tendres avec Saez..: ,

«J’ai écouté le nouvel album de Saez et j’ai vomi mon kebab»

sur konbini,

«Damien Saez se ridiculise sur les réseaux sociaux pour promouvoir son album»

site d’Orange. Dorénavant quoiqu’il sorte comme album, Saez est de toute façon marqué au fer rouge. Au moins, il ne laisse pas indifférent.

saez sur scene
saez sur scene

Des albums inégaux

Les albums se suivent à un rythme soutenu et ne sont pas tous du même niveau. Certains les trouvent lourds, trop caricaturaaux. Saez a sans doute une vision du combat et de la lutte un peu « brute de fonderie », tcombat sans doute plus que lutte. La chanson engagée demande sans doute un peu de douceur pour être acceptée par le plus grand nombre. Brassens ou Ferre en sont les exemples. Quand l’engagement est trop soutenu par des textes directs… le public se restreint fortement.

Saez va trop loin ?

La critique n’est pas tendre parfois avec Damien Saez, tant pour des textes trop lourds dans le message qu’ils portent, à la limite de l’obsession, que des musiques qui peuvent paraître un peu trop conventionnelles : de la révolte sans être révolutionnaire. C’est compliqué de s’attaquer à tous les sujets en voulant être pur et dur ? C’est quoi ? « burqa » ou « p’tites putes »par exemple bascule dans l’incertain ? les pentes sont glissantes pour qui se lance dans des escalades périlleuses. A vouloir bien faire et dénoncer on peut aussi parfois tomber dans le piège de l’excès ou pire du contraire de ce qu’on défend ? hum… Quelqu’un comme Orelsan qu’on aime ou pas, sait faire passer des messages …. A chacun son style mais certains styles peuvent finalement conduire à atteindre l’opposé de l’objectif qu’on avait …

D’accord on peut s’en prendre au monde entier et penser avoir la vraie voie à suivre… mais bon. Les instragrameuses en prennent plein leur grade et les réseaux sociaux aussi. Dénoncer les excès c’est bien être dans l’excès pour dénoncer c’est moins bien…

Alors oui sans doute, un peu schizo Saez : réussir mais en dehors et en dedans et en dehors du système, tout rejeter et continuer quand même. La révolte est nécessaire quand on est ado et un peu plus, la lutte après est saine, mais le combat permanent contre tout voire tout le monde ? Attention à ne pas devenir aigri voire misanthrope…

Pour autant Saez, a du talent, beaucoup de talent, à lui d’éviter de basculer du côté obscur de la force… à moins que ce ne soit voulu, vraiment ?

Il l’a dit :

Engagé, militant, Saez dénonce la société de consommation, et plus généralement l’approche de l’occident. Paradoxalement dans une interview il dit ne pas se considérer comme un acteur engagé.

« … Je ne peux pas dire extrême gauche parce que quand j’entends quelqu’un parler de travailleur, je ne peux pas m’associer rien qu’à cause du mot. Pour moi, le meilleur système serait celui de partage, peut-être moins extrémiste qu’il a pu être dans le bloc de l’Est. Je me sens à gauche, extrêmement – j’aurais tendance à dire « communiste » dans les textes – en sachant qu’il faudrait changer le mot. Il faut la même idée mais avec le vocabulaire d’aujourd’hui 

»  Un peu troskiste peut-être ? ou alors populiste finalement ? à suivre…

C’est par les réseaux sociaux qu’il a annoncé son nouvel album

« Vous avez un mois pour faire monter toutes ces merdes à un million [de likes, ndlr]. Sinon, pas d’albums et vous continuerez à vous taper la merde qu’on vous sert ».

« superficialité pornogène » que sont les réseaux sociaux : « nouvelle pourriture » et Saez lance un appel

« au combat dans les décharges culturelles de nos écoles, collèges et lycées qui y respirent artificiellement par millions ».

Il appelle ses fans à diffuser ces messages pour que

« la poésie passe un grand coup de karcher à cette merde… vous avez un mois pour faire monter toutes ces merdes à un million. Sinon pas d’album et vous continuerez à vous taper la merde qu’on vous sert »

Damien Saez ne cracherait-il pas un peu dans la soupe ? Le melon quand ça prend la tête, c’est pas terrible… le melon et la dictature de la pensée font bon ménage. Serait- il le seul à bien penser ? A chacun de voir, fichtre, dommage ! Car l’artiste Saez vaut sans doute mieux que cela.

Écrit par Serge Para